MA VISION DE LA PLEINE CONSCIENCE

 

 

 

Pour moi, la Pleine conscience est une manière d’appréhender nos propres pensées, sentiments et émotions qui permet de gagner globalement en sérénité, en calme intérieur, en compréhension de notre fonctionnement psychique.

Une idée centrale est sans nul doute d’apprendre à nous confronter aux situations difficiles plutôt que de tenter de les fuir (accepter de se confronter au vécu des émotions difficiles qui sont liées à ces situations), à développer une cohabitation plus pacifique avec nos pensées, à renforcer les plaisirs simples de chaque instant, à nous rendre compte que le seul moment que nous puissions vivre est bien l’instant présent en non plus celui qui n’est plus (le passé) ou celui qui n’est pas encore (le futur)…

Chacun vient à la pleine conscience dans un itinéraire qui lui est propre même si, de ce que je peux en juger aujourd'hui, il existe très certainement différentes catégories d’individus qui y arrivent, par certains chemins qui ont des aspects communs. Recherche spirituelle pour les uns au travers de la méditation de pleine conscience telle que définie dans la tradition bouddhiste. Recherche de mieux-être, d’une augmentation du sentiment de satisfaction par rapport à sa vie. Travail plus spécifique autour d’une problématique psychologique ou physique spécifique. Hasard ou erreur qui mène vers une technique dans laquelle on trouve quelque chose qui fait sens pour soi. Envie de tester avec un scepticisme critique...

 

Personnellement, je suis frappé par la variété de personnes qui viennent à la pleine conscience mais aussi par la manière dont ils en parlent. Là aussi, chacun en parle à sa manière mais avec des points communs. Prendre conscience de son langage et de son monde intérieur, trouver une forme de sérénité face à certaines difficultés, prendre le temps de prendre le temps, redécouvrir sous un nouveau jour des choses que l’on croyait connaître, trouver du plaisir dans la banalité du quotidien, faire face aux difficultés de la vie de tous les jours avec plus de calme et d’ouverture; voilà quelques thématiques ramenées par les pratiquants.

Dans la pratique de la pleine conscience, je me réfère notamment aux "piliers" définis par Jon Kabath-Zinn qui met en avant (in « A cœur de la tourmente, la Pleine Conscience"):

  • Le non jugement : ne pas porter de jugement sur l’expérience vécue en terme de "c’est mal, je pensais que ce serait différent", ne pas étiqueter, ne pas catégoriser.

  • La patience : accepter que les choses se font à un certain rythme et qu’il est vain , voir contre productif, de vouloir que le temps s’accélère. L’apprentissage de la pleine conscience nécessite d’être patient.

  • L’esprit du débutant : se rappeler constamment l’importance d’un regard neuf sur ce qu’on pense déjà avoir vécu, sans comparaison, sans attente. Ceci est d’autant plus important dans la pratique formelle, exercices que l’on peut répéter tous les jours, une vie durant.

  • La confiance : développer un sentiment de confiance en soi et en ses sentiments fait intégralement partie de l’entrainement à la pleine conscience.

  • Le non-effort :nous poursuivons souvent la perspective d’atteindre un but, d’obtenir quelque chose, d’arriver quelque part. La pleine conscience est tout le contraire. Il n’y a rien à atteindre, nous tendons simplement à être ce que nous sommes.

  • L’acceptation :apprendre à voir les choses comme elles sont dans le moment présent, sans tenter de les modifier.

  • Le lâcher prise : n; plus nous attacher aux pensées, fussent-elles positives.

 

Pour ma part, je trouve un grand intérêt dans les approches cognitivistes dite de la « 3ième vague » et dans les sciences plus médicales (neurosciences).

L’apport des psychologues cognitivistes est sans doute d’avoir proposé des modèles théoriques qui permettent  de comprendre comment les techniques de pleine conscience agissent au niveau psychologique, dans des difficultés de différents types. (ex : modèle MACS de Pierre Philippot ; modélisation MBCT des processus cognitifs impliqués dans les rechutes dépressives par Segal/William/Teasdale)

 

Malgré l’avancée des neurosciences et des techniques en imagerie fonctionnelle (IRMf, EEG, TEP…) et structurelle (PET scan, IRM…), on en sait encore peu sur la façon dont notre cerveau produit nos pensées, nos émotions, notre conscience, bref, sur la manière dont se "fabrique" notre esprit. Et ce travail ne se fait pas que dans un seul sens. En fait, on ne sait pas plus comment notre esprit, sous l’effet de nos pensées, efforts et apprentissages, ira à son tour modifier biologiquement notre cerveau. C’est ce qu’on appelle la «neuroplasticité »

Cette théorie suggère que nos expériences peuvent changer à la fois la structure anatomique du cerveau et son organisation physiologique. Non seulement durant l’enfance comme nous le croyions il y a quelques décennies, mais la vie durant. Cette perspective est pour le moins enthousiasmante! Il ne faut bien sûr par rêver et imaginer qu'en un clin d’œil, nous allons remodeler nos structures cérébrales. Nous ne sommes pas dans le registre de la science fiction. Autour de l'idée que la méditation de pleine conscience modifie certains aspects de l'organisation de certaines zones du cerveau, les études utilisent avant tout des "athlètes olympiques de l'esprit" comme le médiatique moine français Mathieu Ricard. A l'échelle de monsieur et madame tout le monde, les éléments démontrables scientifiquement sont moins parlant. Par contre, on ne peut qu'adhérer à l'idée que le cerveau, l'esprit (dans ses multiples composantes) et nos actions sont constamment en interaction, de manière circulaire, avec des rétroactions permanentes.

Nous pouvons donc très certainement favoriser certains schémas d'interaction entre ces différentes composantes et en réduire d'autres responsables, du moins en partie, de certains états d'âmes négatifs.

Les neuros-sciences décrivent bien aujourd'hui, et sans doute encore mieux demain, les processus qui relient ensemble des réseaux neuronaux en fonction de notre activité mentale en général et de nos émotions en particulier (à ce sujet, voir "Le cerveau de Bouddha"; R.Hanson; editions des Arènes).

Au fil des années, mon intérêt pour "la Pleine Conscience" m'a amener à investiguer les sources de la méditation dans son contexte d'origine, la tradition bouddhiste. Je reste étonné de constater que certains aspects développés dans le cheminement du "Bouddha" il y a 2500 ans sont encore bien d'actualité aujourd'hui. Si la psychologie moderne a environ 150 ans, la méditation de pleine conscience comme outil d'exploration du mental humain a donc pris...beaucoup d'avance. 

Le champ d'investigation autour de la pleine conscience est tellement vaste et peut s'aborder par tant de voies, de la plus scientifique à la plus spirituelle,  qu'on peut y consacrer des journées entières. Cette perspective me convient parfaitement...

La Pleine conscience est sans doute, en définitive, ce que chacun en fait ou plus précisément la manière dont il le vit et l’applique.

"La perception est un miroir et non un fait. Ce que je vois, c'est

mon état mental qui se reflète à l'extérieur."

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